Le cas Radiohead

Sommaire du bilan 2007

C’est sans doute l’événement marquant de l’année 2007.

Rappelons les faits : les membres du groupe Radiohead, sans maison de disques depuis la fin de leur contrat avec Parlophone (EMI), décident de produire eux mêmes leur prochain album intitulé « In Rainbows ». Le 10 octobre 2007, l’album sortait uniquement en téléchargement (format mp3, 160 kp/s sans DRM) sur un seul site destiné à cet usage : http://www.inrainbows.com. Innovation essentielle, c’est l’internaute qui fixait lui-même le prix auquel il désirait acheter l’album composé de dix titres. Il était impossible de télécharger un titre seul. Parallèlement à ce téléchargement il était possible de pré-commander, pour une livraison à partir du 3 décembre, une Discbox contenant : 2 CD-Audio, 2 maxi vinyls et un livret. A partir du 10 décembre, il n’était plus possible de télécharger l’album car une sortie « classique » sur support CD – distribué par XL Recordings en Europe – était programmée pour le 31 décembre. Il sera également, à cette date, disponible sur les plates-formes de téléchargement légal.

Il est difficile de savoir quels sont les résultats de cette opération. Les chiffres annoncés par ComScore ayant été démentis par Radiohead (1). Ce qui semble certain pour la majorité des observateurs, c’est qu’elle a été un grand succès pour au moins trois raisons :

  1. c’était la première opération de ce type et de cette envergure ;
  2. la notoriété du groupe ;
  3. l’album est très bon (un peu d’artistique ne fera pas de mal).

Cette première expérience notable tentée, nombreux sont ceux qui ont suivi l’exemple Radiohead. Citons :

Deux enseignements à tirer de ces expériences :

  1. Qui fixe le prix ?
  2. La multiplication des vecteurs de distribution

 

Qui fixe le prix ?

On a assisté en 4 ans à un glissement complet du modèle de fixation du prix.

  • Dans le monde physique, c’est le producteur phonographique (maison de disque) qui fixe le prix de vente, c’est le modèle classique.
  • Dans le monde du téléchargement légal, c’est le distributeur qui fixe le prix de vente. C’est Apple qui a mis en place ce nouveau modèle et qui a fixé le prix, de sa propre autorité, à 0,99 dollars ou euros.
  • Dans le cas Radiohead, c’est le consommateur  qui fixe le prix.

Musique Info Hebdo du 30 novembre 2007 rapporte que pour l’album de Barbara Hendricks certains internautes ont payé 20 € alors qu’il peut être téléchargé sur l’ensemble des plates-formes de musique en ligne au tarif de 9,99 €. Cela pourrait paraître irrationnel, çà l’est. Ce qui est mis en évidence par le modèle Radiohead, c’est la relation directe entre l’artiste et l’acheteur. Ce qu’achète l’acheteur c’est du lien affectif, le prix qu’il fixe et qu’il paye c’est la force de son attachement à l’artiste, il n’y a rien de rationnel là dedans. La somme la plus importante payée pour l’album de Radiohead a sans doute été 5 000 $ payé par Trent Reznor de Nine Inch Nails comme il l’a révélé dans une interview au New York Magazine le 30 octobre (2).

Un des trois modèles va t-il l’emporter sur les autres ? Je ne le crois pas, ils vont cohabiter ce qui va rendre encore un peu plus complexe un monde déjà peu lisible. On avouera qu’il s’agit là d’un véritable bouleversement.

 

La multiplication des vecteurs de distribution

Avec Radiohead, on assiste à la mise en place d’une chronologie des sorties sur un nombre toujours plus grand de façons de publier un album :

  • Téléchargement mp3 basse qualité sur un site unique ;
  • Édition de prestige matérielle ;
  • Sortie sur CD-Audio, téléchargement sur les plates-formes légales.

 

Complément

Même s’il ne s’agit pas d’Internet, il est difficile de passer sous silence, un nouveau mode de distribution apparu en 2007 : le CD-Audio distribué gratuitement avec un journal. Trois exemples illustrent ce nouveau mode :

  1. En Angleterre, le dernier album de Prince a été distribué avec le Mail on Sunday le 14 juillet 2007 (3) ;
  2. En Belgique, c’est l’album de Sarah Bettens qui était distribué le 13 octobre 2007 avec De Morgen (4) ;
  3. Le 21 octobre 2007, c’est le Sunday Times qui distribuait le dernier album de Ray Davies (5).

 

Sommaire du bilan 2007

 

(1) http://www.comscore.com/press/release.asp?press=1883 et
http://www.mtv.com/news/articles/1573841/20071108/radiohead.jhtml

(2) http://nymag.com/daily/entertainment/2007/10/trent_reznor_and_saul_williams.html

(3) http://www.mailonsunday.co.uk/pages/live/articles/showbiz/showbiznews.html?in_article_id=466933&in_page_id=1773

(4) http://www.sarahbettens.be/news.asp

(5) http://entertainment.timesonline.co.uk/tol/arts_and_entertainment/music/article2689780.ece

Sacem : exemples de tarifs

Dans la lettre des sociétaires de la Sacem, n° 67 d’octobre 2007, la Sacem fait un rapide résumé des principaux contrats qu’elle a mis en place pour l’utilisation en ligne des oeuvres musicales. Voici un extrait de l’article :

« Les tarifs Sacem pour la musique en ligne :

  • Téléchargement (iTunes, Virgin Mega, Fnac.com…) : 8 % du prix payé par le consommateur et éventuelles autres recettes avec un minimum 0,07 € par titre ;
  • Streaming : 6 % du prix payé par le consommateur sur l’abonnement et/ou des recettes publicitaires ;
  • Webradios commerciales (europel.fr, nrj.fr…) : mêmes conditions que pour les radios hertziennes ;
  • Webradios non commerciales (Fédération France Webradios) : 6 % du budget (y compris éventuelles subventions) avec un minimum.

L’objectif est de ne pas briser des modèles économiques fragiles, tout en assurant une rémunération raisonnable des ayants droit, en préservant celle-ci avec des minima et en valorisant toute interactivité par un taux plus élevé (8 %). »

On constatera que  les taux de pourcentages sont dans une fourchette de 6 à 8 %. Pour mémoire et pour donner trois exemples hors ligne :

  • disques vendus dans le circuit traditionnel du commerce de détail : 8 % sur le prix de vente au détail ou, à défaut, de 11 % sur le prix de gros publié aux détaillants (PPD) ;
  • concerts : 8,80 %  sur les recettes « Entrées » et 4,40 % sur les recettes annexes ;
  • radio : 6 % sur les recettes du diffuseur.

Les chiffres sont sur le site de la Sacem – Menu « Utilisateurs »

J’ai été un des premiers, sinon le premier, en septembre 1999 à demander à la Sacem un contrat pour du téléchargement légal  pour un défunt site qui s’appelait celtimusic.com. En me basant sur le taux de la SDRM, j’avais proposé à l’époque 8 % à la Sacem. Il m’avait été répondu  : « Il y a moins d’intermédiaires, donc moins de frais, donc plus de marge, ce sera 12 % ». Je constate qu’avec le temps et l’expérience, la SACEM a modifié sa position.

Dans le même article, on peut relever une analyse intéressante : « Soucieuses au début de la décennie de contrôler la distribution sur Internet à leur seul profit (projets Pressplay et Musicnet) les multinationales du disque ont mal apprécié les habitudes de consommation de la musique par les internautes adeptes du peer-to-peer. » Qu’en termes délicats ces choses là sont dites. Jean-Paul Baudecroux, PDG de NRJ est beaucoup plus direct :  « J’estime que l’industrie du disque a fait un sans faute dans l’erreur. » (Musique Info Hebdo n° 420, 2 février 2007).

Gagnant et sélection du Prix Constantin 2007

Gagnant du Prix Constantin 2007 : Daphné avec l’album « Carmin »

Les nommés :

  1. AaRON, album « Artificial Animals Riding On Neverland »
  2. Daphné, album « Carmin »
  3. Florent Marchet, album « Rio Baril »
  4. Justice, album « † »
  5. Kaolin, album « Mélanger les couleurs »
  6. Keny Arkana, album « Entre ciment et belle étoile »
  7. Keren Ann, album « Keren Ann »
  8. Ours, album « Mi »
  9. Renan Luce, album « Repenti »
  10. Rose, album « Rose »

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Intervention La Roche-sur-Yon 15 septembre 2007

Animation grand public
Histoire de l’enregistrement du son
le samedi 15 septembre 2007 à la Médiathèque Benjamin Rabier de La Roche-sur-Yon

Les écrans de mon intervention sans photos, écoutes et animations.
Histoire de l’enregistrement du son
http://blog.formations-musique.com/interventions/roche-sur-yon-ecrans/roche-sur-yon-septembre-2007.html
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Intervention Taverny 31 mai 2007

Journée d’étude professionnelle.
La médiathèque dématérialisée. 1 : La musique
le jeudi 31 mai 2007 à la Médiathèque Les Temps modernes de Taverny

Les écrans de mon intervention.
La musique a-t-elle encore sa place dans les médiathèques ?
http://blog.formations-musique.com/interventions/taverny-ecrans/taverny-mai-2007.html
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