Playlist de Christophe Brault pour l’année 2007

Voici les 20 albums sélectionnés par Christophe pour sa playlist de l’année 2007.
Pour obtenir le texte qui accompagne la playlist il faut être possesseur du livre « Le guide des albums de 1964 à 2004 » et se rendre à l’URL :
http://www.editions-msai.com/extras.htm
Vous pouvez alors télécharger, au format pdf, la liste dans la même présentation que le livre.

  1. LCD SOUNDSYSTEM – Sound Of Silver (EMI)
  2. DEADBEAT – Journeyman’s Annual (LA BALEINE)
  3. THE BESNARD LAKES – Are The Dark Horse (DIFF’RENT)
  4. DAN DEACON – Spiderman Of The Rings (LA BALEINE)
  5. CARIBOU – Andorra (NAÏVE)
  6. ANIMAL COLLECTIVE – Strawberry Jam (PIAS)
  7. BURIAL – Untrue (DIFF’RENT)
  8. THE RAKES – Ten New Messages (SONY)
  9. PANDA BEAR – Person Pitch (LA BALEINE)
  10. RADIOHEAD – In Rainbows (NAÏVE)
  11. THE GO! TEAM – Proof Of Youth (NAÏVE)
  12. CHJ CHK CHK (!!!) – Myth Takes (DISCOGRAPH)
  13. VON SÜDENFED – Tromatic Reflexxions (PIAS)
  14. QUEENS OF THE STONE AGE – Era Vulgaris (UNIVERSAL)
  15. THE WHITE STRIPES– Icky Thump (NAÏVE)
  16. THE BLACKSTROBE – Burn Your Own Church (NAÏVE)
  17. ARCADE FIRE – Neon Bible (EMI)
  18. TRANS AM – Sex Change (PIAS)
  19. SOULWAX / 2 MANY DJ’S – Mix & Remixes (EMI)
  20. VENETIAN SNARES – My Downfall (Original Soundtrack) (LA BALEINE)

2007 : une année charnière de plus pour la musique et Internet

L’année 2007 restera sans doute comme une année importante dans l’histoire mouvementée des rapport entre la musique et Internet ainsi que le furent avant elle les années : 1994, 1998 et 2003.

  • L’année 1994 correspondait à l’ouverture de l’Internet au grand public.
  • En 1998, on assistait à l’explosion de l’utilisation des fichiers sonores au format mp3 avec le début des plateformes d’échange P2P dont la première fut Napster. Pour accompagner ces nouveaux usages, le premier baladeur mp3, le Rio 300, était commercialisé.
  • Le lancement par Apple le 28 avril 2003 de iTunes Music Store marque les vrais débuts du téléchargement légal.

En 2007, quelques éléments sont venus changer le paysage. Certains ne viennent que confirmer fortement des tendances déjà amorcées.

Le cas Radiohead
L’échec partiel des solutions DRM
La musique  » fluide »
La montée en puissance inexorable des PM (Personal Mobile)

D’autres sujets auraient pu être abordés comme les espaces de stockages sur Internet mais la barque vous semblera déjà bien pleine.

La montée en puissance inexorable des PM (Personal Mobile)

Sommaire du bilan 2007

PM (Personal Mobile) par analogie évidemment à PC (Personal Computer)

A moins d’être anachorète, il n’aura échappé à personne que le PM est capable de tout faire (voir le tohu bohu médiatique autour de l’iPhone) et sera de plus en plus souvent la porte d’entrée d’Internet. Il y avait en France 53 075 900 abonnements de mobile en septembre 2007 (1). Il y a donc plus de PM que de PC. On comprend l’importance stratégique de ce secteur.

De fait, de grandes manoeuvres industrielles et économiques liées à la musique ont commencé et vont continuer. En voici quelques exemples :

  • Les Illimythics lancés par SFR le 6 novembre 2007 (2) proposent sur téléphone portable (PM) d’accéder à Internet de façon illimité et donc d’avoir accès aux services musicaux (y compris téléchargement) pour un coût forfaitaire.
  • Nokia a fait sensation le 4décembre 2007 en présentant une offre pour 2008 appelé “Comes With Music” (3). Les acheteurs d’un appareil Nokia auront un an d’accès illimité à un catalogue important via le Nokia Music Store. Cette fois c’est le fabricant de mobile qui sera distributeur
  • Pour couronner le tout , les rumeurs vont bon train sur l’entrée en lice dans le monde du PM de Google. Ce qui est sûr c’est que Google s’y intéresse et a annoncé la mise d’un consortium pour le développement d’un système d’exploitation ouvert pour le PM (l’équivalent de Linux pour les PC). Il s’appellera Android (4).

Le PM globalement et pas seulement par son rapport à la musique est un des enjeux majeurs des années à venir.

 

Sommaire du bilan 2007

 

(1) http://www.art-telecom.fr/index.php?id=9458

(2) http://www.apropos.sfr.fr/html/espacepresse/communiques/index.php

(3) http://www.nokia.com/A4136001?newsid=1172937

(4) http://www.google.com/intl/en/press/pressrel/20071105_mobile_open.html

La musique « fluide »

Sommaire du bilan 2007

La musique de par ses caractéristiques sur le réseau devient de plus en plus semblable à un fluide. 2007 n’a fait, sur ce terrain, que confirmer une tendance lourde qui aura un impact énorme sur les usages.

Avec la numérisation de la musique et le réseau Internet, les phonogrammes sont devenus « volatils ». Ils ne sont plus liés à un support. De nombreuses offres utilisent ces nouvelles caractéristiques. En voici deux tout à fait représentatives.

Deezer.com (anciennement Blogmusik.net) est un site de musique à la demande ; gratuit et illimité. Il s’agit d’écoute en streaming, pas de téléchargement. Ce site est maintenant quasi légal puisque Deezer a signé un accord avec la SACEM et avec certains producteurs (ou est en passe de le faire). Ce sont les internautes qui fournissent le catalogue. Le service est gratuit pour l’utilisateur. C’est la publicité qui rémunère les auteurs et les producteurs (1).

SpiralFrog suit ce modèle publicitaire mais il s’agit de téléchargement. Si certaines pages du site sont accessibles, l’ensemble du site n’est accessible qu’aux internautes résidents aux USA ou au Canada pour des problèmes de droits (2).

Profitant de cette volatilité, certains Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) ont intégré dans leurs offres d’abonnement des services en relation avec la musique. Neuf Cégétel a été le premier a proposé ce type de services à partir du 20 août 2007 (3). Il s’agit d’une offre de téléchargement gratuit et illimitée sur le catalogue d’Universal et dans un genre musical donné. D’autres offres plus complètes sont payantes. Alice propose depuis le 4 décembre une offre de même type avec EMI et plus de catalogue (4).

La musique devient donc de plus en plus un fluide distribué par un réseau comme l’eau, le gaz et l’électricité. L’accès à un Internet devient un robinet. A terme, il est probable que tous les FAI qui gèrent l’entrée du réseau (le robinet), proposeront dans leurs offres d’abonnement Internet un service lié à la musique.

 

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(1)  http://www.deezer.com/press/cp_deezer_220807_fr.pdf

(2) http://corp.spiralfrog.com/press.aspx

(3)  http://www.groupeneufcegetel.fr/html/Presse/cps/Neuf_Cegetel_ajoute_la_musique_en_telechargement_legal_et_illimite_a_son_offre_triple_play_100_Neuf_Box.html

(4) http://www.telecomitalia.fr/upload/CP%202007/041207cpalicemusic.pdf

L’échec partiel des solutions DRM

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Dans un article essentiel « Thoughts on music » (1) daté du 6 février 2007, Steve Jobs, le patron d’Apple, faisait le point sur les difficultés observées dans le  téléchargement légal à cause des DRM (Digital Right Management). Pour résumer, le débat tourne autour de l’interopérabilité. Aujourd’hui des fichiers achetés légalement sur le site de la FNAC au format wma ne sont pas lisibles sur un baladeur iPod d’Apple. Ce sont les DRM, sorte de verrous numériques, qui empêchent  cette interopérabilité. Des tentatives avaient déjà été faites pour sortir de ce casse tête. La Fnac avait dès septembre 2006 vendu des fichiers mp3 sans DRM avec un certain succès (Aaron par exemple). L’article de Steve Jobs a rapidement eu des suites. Le 2 avril 2007, EMI signait un accord avec Apple pour publier son catalogue au format mp3 sans DRM (2).

Deux poids lourds de la distribution — Amazon et Wal-Mart — déclaraient en août vouloir lancer des plates-formes de téléchargement mais sans DRM. Depuis Amazon a signé avec Universal et EMI pour vendre une partie de leur catalogue. Warner les a rejoint en toute fin d’année, le 27 décembre (3).

L’abandon partiel des DRM a un impact direct sur les intervenants qui utilisaient des systèmes propriétaires reposant lourdement sur les DRM. C’est le cas de Sony et de sa plate-forme de téléchargement légal Connect. Pour simplifier, seuls les baladeurs de la marque Sony sont capables de lire les fichiers achetés sur cette plateforme. De plus, le site web est incompatible avec Firefox, un cauchemar pour l’internaute (4). Sony a été condamné en France pour tromperie, en ne signalant pas expressément que les fichiers achetés sur Connect n’étaient lisibles que sur des baladeurs Sony (5). Sony en a tiré les conséquences et fermera Connect en 2008 (6).

Les DRM vont-elles être abandonnées pour autant ? Pas sûr, mais dans leur forme actuelle elles sont clairement un frein au développement du téléchargement légal.

 

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(1) http://www.apple.com/hotnews/thoughtsonmusic/

(2) http://www.emigroup.com/Press/2007/press18.htm

(3)  http://www.walmartfacts.com/articles/5256.aspx
http://www.walmartfacts.com/FactSheets/Corporate_Facts.pdf
http://phx.corporate-ir.net/phoenix.zhtml?c=176060&p=irol-newsArticle&ID=1055053&highlight
http://phx.corporate-ir.net/phoenix.zhtml?c=176060&p=irol-newsArticle&ID=1089998&highlight=

(4) http://store.connect-europe.com/homePage.do

(5) http://www.juriscom.net/documents/tginanterre20061215.pdf

(6) http://www.lesaffaires.com/article/0/technologies/2007-08-30/463376/sony-ferme-sa-boutique-en-ligne-connect.fr.html